STYLE DOCUMENTAIRE
TRAVAIL EN COURS / WORK IN PROGRESS
1999 – 2001
Ce projet photographique se veut un regard sur les travaux de rénovation majeurs effectués au réseau routier québécois. À chaque été au Québec, le ministère des Transports entreprend la réfection et l’amélioration des grands axes routiers afin de maintenir l’état des routes et augmenter la fluidité de la circulation sans cesse grandissante.
On connaît aujourd’hui l’emprise que l’automobile a eue et a toujours sur le développement du paysage nord-américain. Sur un territoire immense et très peu modifié par l’homme comme l’était l’Amérique, l’automobile a laissé une marque indélébile sur le paysage et a amené sa propre logique de gestion de l’espace. L’expérience que nous avons de nos environnements, qu’ils soient urbains ou même ruraux, passe généralement par l’automobile. C’est donc dire que cette expérience est gérée, qu’elle est limitée et encadrée en grande partie par la présence de la route et de l’automobile.
Mon regard se concentre sur les liens privilégiés entre les routes, les travaux et les environnements immédiats, et illustre la lourdeur des chantiers mis en œuvre en relation avec le paysage environnant modifié par l’homme. Les différentes présences temporelles des éléments photographiés sont mises en évidence par le contraste du paysage environnant demeurant inchangé sur de longues périodes et mis en relation avec l’évolution continuelle des travaux de réfection. Ils adoptent eux-mêmes un aspect immobile et permanent lors de la complétion des travaux. Le caractère passager des réfections se transformant lentement en des masses immobiles et envahissantes mène donc vers une tension entre l’éphémère et le durable, entre le flot des voitures, la route, les chantiers et le paysage. Cette tension s’exprime à travers le flou créé par le mouvement des véhicules, des hommes au travail et des équipements de construction lors des longues expositions nécessaires à la prise de vue avec chambre photographique et qui contraste grandement avec les structures figées environnantes. L’utilisation du noir et blanc (et du rendu très pâle des ciels) fait référence à la tradition de photographie de documentation des grands travaux d’infrastructures du XIXe siècle particulièrement en France.
Impressions
Certaines impressions archives argentiques au format 16’’ x 20’’ (40 cm x 50 cm) sont disponibles. Des impressions archive au jet d’encre sur papier fibre dans une édition de 10 sont aussi disponibles aux formats 16’’ x 20’’ (40 cm x 50 cm) et 32’’ x 40’’ (81 cm x 102 cm).
This photographic project takes a look at the major renovation work being carried out on Quebec’s road network. Every summer in Quebec, the Ministry of Transport undertakes the repair and improvement of major highways to maintain road conditions and increase traffic flow.
We now know the influence the automobile has had and continues to have on the development of the North American landscape. In a vast territory as little modified by man as America was, the automobile has left an indelible mark on the landscape and brought its own logic of spatial management. The experience we have of our environments, be they urban or even rural, generally involves the automobile. In other words, this experience is managed, limited and framed largely by the presence of the road and the automobile.
My gaze focuses on the special links between roads, roadworks and the immediate environments, illustrating the heaviness of the construction sites in relation to the surrounding landscape modified by man. The different temporal presences of the elements photographed are highlighted by the contrast of the surrounding landscape, which remains unchanged over long periods of time, in relation to the continual evolution of the roadworks. They themselves take on an immobile, permanent appearance upon completion of the work. The transient nature of repairs, slowly transforming into immobile, invasive masses, thus leads to a tension between the ephemeral and the lasting, between the flow of cars, the road, construction sites and the landscape. This tension is expressed through the blur created by the movement of vehicles, men at work and construction equipment during the long exposures required for shooting with a view camera, and contrasts sharply with the surrounding fixed structures. The use of black and white (and the very pale rendering of skies) refers to the tradition of photography documenting major infrastructure works of the 19th century, particularly in France.
Prints
Some archival silver prints in 16’’ x 20’’ (40 cm x 50 cm) are available. Archival inkjet prints on fiber based paper in an edition of 10 are also available in 16’’ x 20’’ (40 cm x 50 cm) and 32’’ x 40’’ (81 cm x 102 cm).
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